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Rapport Annuel 2010 / 2011 Chères invitées, chers invités, Permettez-moi de renoncer cette année encore à passer en revue les événements politiques et économiques de l'exercice précédent. D'une part, vous les connaissez très bien et vous êtes à même de les interpréter. D'autre part, cette présentation, même comme simple survol de l'activité politique et économique mondiale et suisse, déborderait largement le cadre de notre rencontre. C'est pourquoi, limitons-nous à notre propre métier et considérons l'année passé sous l'angle restreint des poursuites et des faillites. Tout d'abord les chiffres en matière de poursuite et faillite Or la statistique est de toute façon une affaire particulière. Cette année, j'ai reçu la statistique de l'Office fédéral de la statistique début mai déjà. Chaque année, je me suis efforcé, comme mon prédécesseur d'ailleurs, d'obtenir ces chiffres le plus tôt possible, sans jamais les recevoir avant leur publication dans les média à fin mai. Il m'est parfois arrivé d'ignorer le détail de l'exercice passé encore à la veille de notre assemblée annuelle. Mais aujourd'hui, nous sommes dans la position confortable de disposer d'informations provenant de sources diverses. Comme je l'ai déjà dit il y a un an, ces statistiques doivent de toute façon être maniées avec précaution, au moins en partie. A défaut de connaître les chiffres officiels de l'Office fédéral de la statistique, nous avons demandé aux autorités de surveillances de nous les faire parvenir directement, ce qu'elles ont fait. Mais il s'est avéré qu'une partie de ces données diffère passablement de celles de l'Office fédéral de la statistique. En outre, les cantons publient sur leur page internet des chiffres encore différents. Et pour compliquer le tout, des entreprises privées relèvent leurs propres données statistiques, qui s'écartent parfois considérablement des deux premières catégories, ce qui n'étonnera personne. En ce qui concerne les commandements de payer, leur nombre varie de 2 % à 5 %, ce qui ne va pas changer la face du monde du fait que les différences vers le haut et vers le bas s'équilibrent. Des différences plus importantes toutefois se trouvent dans la statistique des ouvertures de faillites. Cependant, elles sont imputables au calcul ou à l'interprétation des actes qui tombent dans cette catégorie. Contrairement à d'autres, certains cantons ont considéré comme une faillite la liquidation de sociétés au sens de l'art. 731b CO, alors que les prescriptions de la faillite concernent la dissolution de ces sociétés et non leur liquidation. Quant à savoir si cette dernière est évaluée du point de vue statistique comme une ouverture de la faillite, qui fai l'objet d'une autre statistique, l'interprétation n'est pas la même partout. Enfin, une partie des cantons ne fait aucune différence à cet égard. En ce qui concerne le calcul des exécutions de saisie, je doute fortement du sérieux de la collecte de données. Par exemple, dans le canton de Vaud, le nombre de notifications des commandements de payer a augmenté de 16 % par rapport à l'année passée (ce qui correspond à une augmentation de 48'329). Mais, selon la statistique officielle, les saisies exécutées durant la même période ont baissé de 34 % (ce qui correspond à une baisse de 50'000). Est-ce vraiment juste? Selon mon expérience de ces dernières années, la proportion des saisies par rapport aux notifications des commandements de payer a toujours eu tendance à augmenter. Ces chiffres sont-ils vraiment fiables et correspondent-ils à ceux qui ont été relevés jusqu'ici à l'échelle nationale ? Il ne m'appartient pas d'élucider cette énigme. Mais il serait certainement souhaitable pour toutes les parties d'établir une fois pour toutes des directives précisant ces notions sans ambiguïté en vue d'une interprétation indiscutable et uniforme. Mais j'aimerais faire encore quelques constatations sur les chiffres effectifs de l'an passé et, par conséquent, sur notre activité. Comme les années précédentes, le nombre annuel des poursuites se monte plus ou moins à 2,5 millions. Globalement, en 2010, on a dénombré 2'660'614 poursuites qui ont abouti à 1'354'816 saisies. Ces chiffres correspondent à une augmentation de 5 % des poursuites, mais une baisse de 0,4 % des saisies. Naturellement, ce sont des données à analyser avec toutes les réserves exprimées plus haut. Les faillites ont subi une légère hausse pour s'établir à 10'932 cas, ce qui correspond à une augmentation de 4,3 % par rapport à l'année passée, sans les liquidations (estimées) de l'art. 731b CO comme je viens de le souligner. Cette année également, il y a des différences notables selon les régions. Alors que dans le canton de Neuchâtel on constate une baisse des faillites de 18 %, ces dernières ont augmenté de 21 % dans le canton de Soleure. Mais, à l'échelle nationale, le nombre global des ouvertures de faillites reste stable avec une moyenne d'environ 10'000 cas depuis plusieurs années. La tendance reste la même et nous pouvons partir du principe que le travail ne nous manquera pas ces prochains temps. L'activité de notre Conférence Par ailleurs, comme il n'y a eu aucun changement de membres ni au Comité central ni au Comité directeur, c'est donc la même équipe bien rodée qui a géré l'année dernière les affaires de la Conférence. Le comité directeur s'est retrouvé le 28 octobre 2010 et le 26 mai 2011 ici à St-Gall. Le comité central s'est rencontré comme de coutume au début de l'année, le 17 février 2011 à Berne et le 26 mai 2011 ici à St-Gall, pour traiter les affaires courantes. Des membres du comité central ainsi que moi-même avons participé aux assemblées annuelles d'associations cantonales ou d'associations professionnelles amies. Je vous remercie très chaleureusement de m'accueillir toujours avec tant d'amitié et de bienveillance. Formation continue L'automne dernier, l'Association suisse des examens professionnels en matière de poursuites et faillites ASEPPF a réalisé pour la troisième fois l'examen professionnel des préposés aux poursuites et faillites, et ce, à l'échelle nationale. Le 3 décembre 2010 à Berne, à l'issue d'une petite cérémonie, 12 candidats au diplôme ont reçu leur certificat professionnel. Je félicite chaleureusement les lauréats et leur souhaite le meilleur pour leur avenir professionnel. Comme nous les avons invités à l'assemblée d'aujourd'hui, je leur souhaite tout spécialement la bienvenue et espère qu'ils se sentiront à l'aise parmi nous. Code de procédure civile à l'échelle nationale Il y a aussi quelques modifications dans le calcul et le respect des délais. Le nouveau CPC prévoyait d'adapter les féries de poursuites aux féries judiciaires. Les féries de poursuites auraient eu lieu de la mi-juillet à mi-août et non plus jusqu'à fin juillet, ce qui aurait rendu tout sauf heureux la plupart d'entre nous. Bien qu'étant conscients de la difficulté de revenir sur une modification législative adoptée et en vigueur, nous avons lutté contre cette prolongation. Comme elle ne profitait à personne, nous comptions que personne ne la soutiendrait. Un fois de plus, nous avons constaté qu'il vaut la peine de s'engager en faveur ou plutôt contre une chose, même si le résultat semble perdu d'avance. Dans tous les cas, il me paraît raisonnable que la modification prévue à l'art. 56 LP soit définitivement supprimée. eLP Révision de l'ordonnance sur les émoluments La révision clarifie et uniformise aussi l'émolument pour une demande d'extrait qui, comme l'expose avec raison l'Office fédéral de la justice, ne doit plus dépendre du nombre de pages. Désormais, les émoluments sont déterminés de manière contraignante et uniforme. La Commission fédérale de poursuite et faillite, au sein de laquelle Roger Vergère, Michael Dörflinger et moi-même représentons notre Conférence, discute également de l'uniformisation du commandement de payer dans toute la Suisse. Cet acte de poursuite doit être partout pareil, non seulement en allemand mais aussi en français et en italien. Il n'est tout simplement pas possible que chaque canton ait son propre formulaire, dont, au surplus, il existe plusieurs versions. Bien sûr, chacun considère sa version comme la meilleure, mais il s'agit tout de même d'un formulaire obligatoire selon l'Oform. Même si cette uniformisation, prévue pour début 2013, revêt pour notre travail une importance tout à fait secondaire, je la considère comme extrêmement appropriée et pleine de bon sens en tant que service public et comme prestation à l'égard de nos clients. La Commission fédérale des poursuites et faillites discute également de l'uniformisation de l'extrait du registre des poursuites. Il serait souhaitable que cet extrait soit le même dans toute la Suisse, avec les déclarations nécessaires portant en outre sur une période standardisée. Les premiers projets sont prêts, il s'agit maintenant de les mettre en pratique, notamment en matière d'applications informatiques. Nous disposerons alors d'un standard contraignant qui mettra enfin un terme à tous ces débats stériles sur l'étendue et la force probante de ce document. Les auditrices et auditeurs attentifs remarqueront que le rapport de cette année est placé tout entier sous le signe de l'uniformisation, ce qui est pour moi presque symptomatique; en général, l'uniformité et l'intégrité de notre métier me tiennent très à cœur. J'ai constaté avec joie qu'il vaut toujours la peine de s'engager pour une cause. La persévérance et la détermination, assorties d'une bonne disposition au compromis et au consensus, permettent d'obtenir de beaux succès, pourvu qu'on tire à la même corde. Codes à barres de la Poste Dès le 1 er avril 2011, les émoluments de la Poste pour la notification du commandement de payer et de la commination de faillite ont subi une augmentation de Fr. 3.00. La Poste invoque entre autre l'introduction du service «Track & Trace» pour l'envoi et la notification des actes de poursuites, ce qui permet de suivre en détail leur acheminement postal. On peut toutefois se demander si cette nouveauté justifie une augmentation de 60 % de la taxe de base. De toute façon, elle ne nous touche pas beaucoup car ces émoluments peuvent être mis à la charge de la procédure et seront supportés par le créancier, respectivement le débiteur. Et pour l'Office des poursuites qui n'utilise pas le service de la Poste, cela signifie une augmentation de l'émolument de Fr. 3.00 par commandement de payer, et ce, sans surplus de travail. Par conséquent, nous n'avons pas vraiment intérêt à reprocher quoi que ce soit à cette augmentation. Je m'étonne bien davantage du manque total de réaction de la part de la protection des consommateurs. Commentaire de l'ordonnance sur la réalisation forcée des immeubles (ORFI) Bulletin des poursuites et des faillites Durant l'exercice passé, nous avons été invités à prendre position sur divers thèmes. Si vous désirez obtenir de plus amples informations ou si vous vous intéressez à un sujet précis, adressez-vous sans hésitation à un membre du comité central ou à moi-même. D'ailleurs je vous renvoie à la page internet de la Confédération ( www.admin.ch ), où vous trouverez les dernières informations sur les procédures de consultation en cours. Modification des statuts Il me reste comme toujours à vous remercier, tout d'abord mes collègues du Comité central et des Commissions. La collaboration avec vous me rend très heureux. Merci surtout à vous tous, mes chers collègues de toute la Suisse, pour votre soutien et l'accueil toujours chaleureux que vous me réservez lorsque j'ai le plaisir de vous rendre visite. Et aussi un très grand merci en direction de Berne, à l'Office fédéral de la justice, au représentant de notre autorité de surveillance, Monsieur David Rüetschi, avec qui j'ai des relations très amicales. Assemblée générale annuelle, le 27 mai 2011 à St-Gall Stefan Broger, président
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